Françafrique : La parole à André Kangni Afanou et Georges Mpaga

La rédaction - 21/07/2012
Image:Françafrique : La parole à André Kangni Afanou et Georges Mpaga

Togo - Gabon
Billets d’Afrique - numéro 215 - juillet-août 2012

"La politique africaine de la France va changer : air connu, déjà entonné par Sarkozy avant son élection à la magistrature suprême. Reconnaissance implicite de la malfaisance de cette politique, ces bonnes résolutions à répétition rappellent celles des accros au tabac ou autres drogues : demain j’arrête.

On connaît le sort de ce genre de proclamations." - Edito du numéro 215 (extrait), Odile Tobner

Billets d’Afrique , dans son numéro 215 (juillet-août 2012) donne la parole à deux figures africaines de la lutte contre l’impérialisme français en Afrique et son soutien aux dictateurs.

Togo, Gabon : deux « kleptocraties héréditaires » françafricaines que la société civile et les mouvements d’opposition appellent la France à ne plus soutenir. De la volonté de la gauche française, du Parti Socialiste et de François Hollande et son gouvernement de tourner la page de la Françafrique. Interviews de Mathieu Lopès et Juliette Poirson de deux figures des mouvements de contestation de la dictature au Togo et au Gabon.

André Kangni Afanou, du Comité Sauvons le Togo ! (CST) revient avec Mathieu Lopès sur la situation au Togo, alors que depuis plusieurs semaines le pays vit « au rythme d’une forte contestation populaire » contre le régime de Faure Eyadema, qui a succédé à son père, Gnassimbé.

Georges Mpaga, porte-parole du mouvement gabonais Ça suffit comme ça !, président du ROLBG et coordinateur adjoint de PCQVP Gabon revient
avec Juliette Poirson sur « la vérité de la gouvernance économique au Gabon », que l’on sait « très différente de la vitrine attrayante présentée par le gouvernement gabonais dans le but de séduire l’extérieur ». Alors que François Hollande recevait le 5 juillet dernier le dictateur Ali Bongo, fils d’Omar, Georges Mpaga appelle la France a soutenir « la démocratie et la société civile ».

« La politique africaine de la France va changer » nous disent les socialistes, au pouvoir en France depuis deux mois.

Tous les Africains et les Français dénonçant le soutien apporté par la France depuis 50 ans aux dictatures et kleptocraties africaines ne peuvent qu’approuver les propos de Georges Mpaga et affirmer avec lui : « Nous jugerons à ses actes la crédibilité de François Hollande. »

Togo, la vraie nature du régime

Togo « Montrer la vraie nature du régime »

Depuis quelques mois, le Togo vit au rythme d’une forte contestation populaire. Regroupés au sein du Comité Sauvons le Togo ! (CST), plusieurs organisations de la sociéte civile et des partis politiques d’opposition réclament une amélioration des règles électorales, le respect des droits de l’homme et la lutte contre l’impunité. Témoignage d’André Kangni Afanou, juriste et directeur du Cacit (Collectif des associations contre l’impunité au Togo).

Billets d’Afrique (BDA) : Le Togo est en ébullition. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

André Kangni Afanou (AKA) : Effectivement, depuis quelques semai­nes, il y a, au sein de la population togolaise, un profond malaise qui s’explique par trois principales raisons : la persistance de l’impunité liée aux actes de tortures et violations graves de Droits de l’homme aux actes de torture ainsi que l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire aux seuls fins d’opprimer les faibles et de protéger les forts, le caractère inéquitable et injuste des règles qui régissent les compétitions électorales au Togo et le manque de volonté des autorités de poser les bases pour une réconciliation véritable et durable.

En effet, cela fait deux ans qu’il y a des allégations de torture au sein de l’ANR (Agence nationale de renseignement). Interpellé à plusieurs reprises, l’État a fini par confier à la Commission nationale des Droits de l’homme (CNDH) une mission d’enquête sur la question. A la remise du rapport, les autorités togolaises ont publié sur leur site un faux rapport niant les actes de torture. La réaction de la CNDH a été de publier sur internet le véritable rapport, qui démontrait clairement les circonstances dans lesquelles des gens ont été torturés.

Au final, le président de la Commission a du fuir le pays faisant état de menaces qui pèseraient sur lui. Je rappelle qu’entretemps, plusieurs missions internationales ont séjourné dans le pays et insisté sur le fait que le gouvernement devrait réserver une suite pénale aux conclusions du rapport de la CNDH. Jusqu’à ce jour, il n’en est rien.

Déjà, il y a quelques mois, la commission Vérité, Justice et Récon­ciliation a rendu les conclusions de ses travaux et M gr Barrigah qui en est le président déplorait, en même temps que tous les Togolais, le fait que les présumés auteurs d’actes de violations de Droits de l’homme n’aient pas jugé utile de fait acte de contrition mais se sont plutôt présentés en victimes. Et les autorités semblent cautionner cette situation en donnant un blanc-seing aux bourreaux.

Pour en venir au processus électoral, il faut relever que, au Togo, les règles qui régissent la compétition électorale, sont très injustes. Outre le fait que le pouvoir contrôle presque toutes les institutions qui interviennent en amont et en aval du processus électoral notamment la Commission électorale (CENI), la Haute Autorité de la communication (HAAC), la Cour constitutionnelle, il faut relever que tant les missions des Nations unies et de l’Union Européenne ont déploré le caractère injuste de la loi électorale et du découpage électoral.

Ainsi, lors des législatives de 2007, plus de 1 100 000 Togolais ont donné leur voix à l’opposition, tandis que le parti au pouvoir (RPT) a recueilli 900 000 voix. Au final, seulement 30 sièges de députés ont été attribués à l’opposition alors que le parti du chef de l’Etat qui était minoritaire en nombre de voix a eu une très grande majorité de sièges de députés.

Ce sont ces événements et bien d’autres qui expliquent la mobilisation d’une grande partie des organisations de défense des Droits de l’homme, des partis politiques et des médias au sein d’une coalition dénommée Collectif Sauvons le Togo.

Parlez-nous de ce vaste mouvement de contestation. Quels sont ses modes d’action et ses revendications ?

Les revendications du CST portent justement sur la mise en œuvre effective du rapport de la CNDH relativement aux actes de torture commis à l’Agence nationale de renseignement, la fin de l’impunité, la bonne gouvernance et l’amélioration de la loi électorale pour la rendre plus juste et plus équitable. Les organisations membres du CST ont organisé beaucoup de manifestations notamment des meetings, des marches et des sit-in de jour comme de nuit. Du 12 au 14 juin 2012 par exemple, à la place Dékon, la place Tahir du Togo, plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté au point de faire dire au représentant de l’Union européenne au Togo, qui avait fait le déplacement, qu’il n’avait jamais vu « une marée humaine aussi importante » dans les rues de Lomé.

Des manifestations ont aussi eu lieu dans certaines villes de l’intérieur du pays.

Quelle a été la réaction des autorités à ce mouvement ?

Après avoir semblé appeler au dialogue, les autorités ont opté pour la répression. Les manifestations sont violemment réprimées : on a dénombré de très nombreux blessés parmi les manifestants mais aussi des cas de décès dont une dame à Lomé qui a reçu des gaz lacrymogènes dans son domicile. En outre, à l’intérieur du pays, à Sokodé, un vieil homme a été brutalisé par les forces de l’ordre et en est décédé.

Des cas d’arrestation ont aussi été enregistrés : trois avocats et défenseurs de Droits de l’homme, responsables du mouvement CST ont été arrêtés puis libérés deux jours après. Ils ont été présentés devant le juge le lundi 2 juillet 2012 et inculpés. Près de 54 jeunes ont aussi été interpellés et ils sont actuellement détenus à la prison civile de Lomé.

Les violences ont aussi touché les lieux de culte. Des gaz lacrymogènes ont été lancés jusque dans une église où des chrétiens étaient en train de prier ; les enfants de l’école catholique n’ont pas été épargnés, ils ont subi aussi les gaz lacrymogènes.

Ceci a valu une lettre de protestation de la Conférence épiscopale du Togo demandant fermement que les auteurs de ces actes soient identifiés et punis. Des miliciens ont aussi infiltré les cortèges et ont gazé les manifestants. La situation à ce jour est très inquiétante.

Faites-vous confiance à la justice pour situer les responsabilités dans ces événements ?

Non, justement, nous avons l’impres­sion que notre justice est aux ordres et que l’on fait du deux poids, deux mesures. En effet, alors que l’appareil judiciaire est prompt à « juger » les manifestants arrêtés, on note que la même promptitude n’est pas observée pour déclencher l’action publique contre les auteurs clairement identifiés d’actes de torture.

En outre, notre justice semble impuissante face à d’autres forces qui donnent des ordres parallèles pour faire régner la loi de la force. Je n’en veux pour preuve que deux affaires, notamment une où la libération sous caution d’un homme affaires a été prononcée par la Cour suprême mais celui-ci est toujours gardé en détention ; une autre libération d’un Franco-colombien a été prononcée par la cour d’assises mais l’intéressé est toujours détenu.

Le constat est triste : notre justice n’est pas indépendante et impuissante.

N’est-ce pas surprenant qu’à l’ap­proche d’élections, le pouvoir réprime ainsi le mouvement alors qu’il mène depuis des années une opération de communication pour restaurer son image ?

Je pense qu’au fur et à mesure des événements, la vraie nature du régime qui nous gouverne depuis plus de quarante-cinq ans et qui n’a d’autre souci que de conserver le pouvoir va se dévoiler à l’ensemble de la communauté internationale.

Ce régime se caractérise par des déclarations de bonnes intentions et des vœux pieux qui contrastent avec la réalité des violations de Droits de l’homme, des institutions qui ne sont pas indépendantes et ne fonctionnent pas du tout, un cadre électoral très injuste.

Si les réformes en profondeur ne sont pas opérées, il y a de fortes chances que les élections à venir ne soient ni justes, ni transparentes. Les frustrations d’une grande partie de la population risquent de continuer et la paix sociale compromise.

Quelles ont été les réactions de la France, de l’Europe et des États-Unis après la répression du mouvement ?

Il faut reconnaître que le groupe des 5 (UE, France, Allemagne, États-Unis et le Programme des Nations unies pour le développement – PNUD) a fait une déclaration publique dès que la répression a commencé affirmant que l’État togolais avait le devoir d’engager des discussions avec l’opposition afin que des règles consensuelles soient adoptées dans le cadre des élections.

Le représentant de l’Union européenne s’est rendu en personne sur la place Dékon. Même l’ambassade de France a envoyé un représentant auprès du CST après que la répression a commencé.

Jusque-là ces réactions ont été de nature à encourager les autorités à écouter la population. Cela donne de l’espoir par rapport à un passé récent, notamment le discours de la France : un porte-parole du Quai d’Orsay a demandé que le dialogue soit entamé.

Espérons que ce discours sera constant car il s’agit de rompre avec un certain nombre de pratiques d’un autre âge. Si on en croit ces déclarations, en tout cas, on a l’impression qu’avec le nouveau pouvoir français, il y a une meilleure prise en compte des populations.

Cette logique va-t-elle être maintenue ? La France ne va-t-elle pas revenir à une logique ancienne qui voudrait qu’elle se contente de défendre ses intérêts au détriment de la soif de liberté et de justice des Togolais ? J’espère que ce ne sera pas le cas et que la « Patrie des droits de l’Homme » va être encore plus ferme envers les autorités togolaises.

Toute autre position consisterait à cautionner la dictature, l’oppression, l’injustice et l’impunité qui est devenue la règle au Togo. La France, l’Allemagne, les Etats-Unis d’Amérique, l’Union européenne et toutes les puissances doivent œuvrer dans le sens de l’amélioration de la gouvernance au Togo.

Propos recueillis par Mathieu Lopès

Gabon : La crédibilité de François Hollande

Gabon : « Nous jugerons à ses actes la crédibilité de François Hollande »

Rencontre avec Georges Mpaga porte-parole du mouvement gabonais “ Ca suffit comme ça ! ”, président du ROLBG et coordinateur adjoint de PCQVP Gabon [1].

Billets d’Afrique (BDA) : Rappelez- nous les dernières mobilisations du mouvement Ça suffit comme ça ! ?

Georges Mpaga (GM) : Ça suffit comme ça ! a décidé de profiter de la tenue du New York Forum Africa à Libreville début juin pour mener un certain nombre d’actions, parmi lesquelles un contre-forum visant à mobiliser et sensibiliser la communauté internationale, la presse et les sommités invitées à cette réunion sur le vrai visage du Gabon.

En effet, la vérité de la gouvernance économique au Gabon est très différente de la vitrine attrayante présentée par le gouvernement gabonais dans le but de séduire l’extérieur. En réalité, le Gabon va mal : la corruption généralisée entretenue par le système en place depuis quarante-cinq ans gangrène une économie nationale sous l’emprise de l’oligarchie liée à la famille présidentielle [2].

Dans ce contexte, comment envisager un « Gabon émergent » si l’environnement économique est défavorable, délétère et si les pratiques frauduleuses dans la haute administration empêchent la compétitivité des entreprises ?

Pendant que les femmes accouchent à même le sol dans les hôpitaux de province et même de Libreville, 7 milliards de francs CFA (10 300 000 euros) ont été dépensés pour le New York Forum par le Gabon ! Quand tous les indicateurs sociaux sont au rouge, il n’est pas acceptable de dépenser autant pour séduire la communauté internationale à coups de spots de communication !

Les tensions sociopolitiques croissent sans cesse. Actuellement, la nébu­­leuse singapourienne OLAM et l’Etat gabonais veulent chasser des populations de leurs propriétés foncières ancestrales afin d’accaparer leurs terres pour la production d’huile de palme et l’hévéaculture, au mépris de la législation gabonaise en la matière. Cela représente jusque 385 000 hectares de forêt ou de terres agricoles qui seront détruites.

Pour faire face à cet imbroglio politico-mafieux, les popula­tions se sont unies en collectifs. La brutalité du pouvoir d’Ali Bongo a aussi atteint son paroxysme en détruisant manu militari de nombreuses habitations à Libreville jetant à la rue de nombreux compatriotes fin 2011. Mais les populations dont Ali Bongo détruit les maisons sont en train de se soulever. C’est cette inquiétante situation que vit le Gabon que nous avons voulu montrer au monde. Malheureusement, le gouvernement a usé de la violence pour empêcher cette activité. (Ndlr : arrestation de 43 personnes le 8 juin, veille du contre- forum, qui a été annulé et à la place duquel s’est tenue une conférence de presse).

BDA : La répression n’a-t-elle finalement pas mis un coup de projecteur plus important sur les mobilisations ?

GM : Tout à fait, en voulant museler la société civile, le gouvernement s’est trompé. Il s’en est vite rendu compte et s’est donc empressé de les libérer. Le mal était fait, le New York forum a été terni par la répression et de nombreux délégués ont dû renoncer à venir ; Muhammad Yunus (ndlr : économiste bangladais, fondateur de la première institution de microcrédit, la Grameen Bank, ce qui lui valut le prix Nobel de la Paix en 2006) a même interpellé Ali Bongo sur la bonne gouvernance et sur la corruption.

BDA : Quelles sont les revendications de Ça Suffit comme ça ! ?

GM : Depuis notre déclaration commune avec l’opposition du 18 juin 2011, nous continuons à réclamer la réforme du système électoral pour des élections transparentes, fiables et honnêtes. Le gouvernement a accepté d’introduire la biométrie pour les élections de 2013 mais la démarche n’est pas transparente, elle est entourée de corruption et se fait sans association de l’opposition ni de la société civile. Un marché de gré à gré de 20 milliards de Franc CFA a été signé avec la société française Gemalto, pour 500 000 à 600 000 inscrits.

En comparaison, la mise en place de la biométrie a coûté au Cameroun voisin 7,5 milliards de francs CFA pour 12 millions d’inscrits. Nous sommes mobilisés pour dénoncer les conditions d’attribution de ce marché et demandons une contre-expertise et le respect des règles de transparence et d’équité. Nous voulons porter ce problème devant les autorités françaises car nous considérons qu’il y a connivence entre cette société et l’Etat gabonais et que cette affaire relève de la criminalité financière. C’est une question cruciale : si la biométrie est entachée d’irrégularités, cela affectera tout le processus. Or nous avons besoin d’élections fiables pour amorcer la démocratisation.

Nous proposons aussi d’autres réformes institutionnelles [3] et faisons le constat qu’il n’y a plus de contre-pouvoir, qu’il y a une monarchisation. De plus en plus, les institutions sont vidées de leur contenu constitutionnel et accaparées par Ali Bongo et son parti, le PDG. Son clan contrôle les finances, l’Assemblée nationale n’a aucun pouvoir, Ali Bongo nomme tout le monde et retire leurs prérogatives aux ministères et crée en parallèle des agences qui dépendent directement de lui.

Cette situation génère une guerre interne entre lui et le président de l’Assemblée nationale ainsi que certains membres du parti. Sans parler de la société en général : il y a des manifestations dans tout le pays, un climat très mauvais et un président qui ferme les yeux !

BDA : Quelle est votre position sur l’affaire des Biens Mal Acquis et le financement occulte des partis politiques ?

GM : Nous exigeons que le dossier des BMA aille à son terme sans interférence. La justice française doit s’appliquer en toute indépendance rigoureusement aux personnes morales et physiques citées dans ce dossier y compris les complicités françaises.

Avec François Hollande nous espérons donc un changement profond de la politique française concernant tout particulièrement ce dossier car cet argent détourné est à l’origine du sous-développement du Gabon et de la paupérisation généralisée de sa population.

S’agissant des relations occultes entretenues depuis près de 50 ans par la France et le Gabon, il faut que François Hollande démontre par des actes concrets son engagement à mettre fin à ce système de réseautage opaque fondé sur des pratiques antidémocratiques.

Nous militons pour une modernisation des relations entre la France et le Gabon, enracinée sur un partenariat stratégique fort et mutuellement avantageux, qui devrait intégrer les obligations démocratiques du Gabon. Il faut rappeler qu’en décembre 2011 [4], le PDG avait insulté le PS car celui-ci avait condamné les conditions de tenue des élections législatives de 2011, tout comme il avait précédemment condamné l’issue de la présidentielle anticipée d’août 2009 qui a vu l’élection contestée d’Ali.

BDA : Comment percevez-vous l’arrivée de François Hollande et la visite d’Etat en France qu’effectuera Ali Bongo le 5 juillet ?

GM : Nous avons salué le discours de François Hollande, anti-dictature et axé sur la bonne gouvernance. Nous l’avons interpellé sur la nécessité d’appliquer cette vision politique, et nous allons continuer à le faire. Cela passe par l’opposition au type de gestion par Ali Bongo du Gabon, par le soutien à la démocratie et à la société civile et par l’arrêt de toutes les pratiques et connivences liées à la Françafrique.

La rencontre de début juillet entre Ali Bongo et François Hollande doit être une rencontre de rupture, de vérité où Hollande doit être clair avec Ali Bongo, lui montrer sa distance par rapport à son régime.

Les Gabonais ont besoin de changement, ils ne veulent plus des Bongo. La déliquescence sociale dure depuis 45 ans. Le Gabon est l’un des pays les moins avancés de l’Afrique malgré ses immenses ressources naturelles. Nous avons besoin que la communauté internationale –dont la nouvelle France - soutienne la démocratie et la société civile. Nous jugerons à ses actes la crédibilité de François Hollande.

Propos recueillis par Juliette Poirson

Notes :

[1] Réseau des Organisations Libres de la Société Civile pour la Bonne Gouvernance au Gabon / Publiez ce que vous Payez

[2] Ainsi les marchés publics sont accordés de façon préférentielle et opaque aux entrepreneurs proches du clan présidentiel. C’est ainsi que Socoba, Entraco, Mika service monopolisent toute l’activité du BTP sans appels d’offres

[3] Parmi les principales réformes demandées : réforme du Conseil économique et social, de la Cour constitutionnelle, de l’Assemblée Nationale, du Senat, du Conseil National de la Communication, réduction du mandat du Président de la République de 7 ans à 5 ans renouvelable une fois etc. Rapport ROLBG 2011

[4] au terme de ces législatives, le parti d’Ali Bongo le PDG a obtenu 116 députés et 2 élus issus des partis alliés au PDG sur un total de 120 sièges alors même qu’un peu plus de 90% des gabonais avait boycotté ces élections.

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 21/07/2012

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