Les dessous de la reprise des relations diplomatiques franco-rwandaises
Il faut juger les hommes politique, diplomates et militaires français complices du génocide des Tutsi
Mettre fin à l’impunité

« (…) Aux termes du présent statut, une personne est pénalement responsable et peut être punie pour un crime relevant de la compétence de la Cour si : Article 25 du statut de la Cour pénale internationale (CPI), Alors que la reprise des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda semble vouloir amener les citoyens de ces deux pays à tourner la page de leur douloureuse histoire commune, il ne nous faut pas oublier que certains Français doivent être traduits devant les tribunaux pour leur soutien ou leur participation directe au génocide des Tutsi, en 1994. Bruno Gouteux nous rappelle ainsi, dans un article paru dans la quatrième livraison de La Nuit rwandaise que nous reproduisons ici, que « les connaissances accumulées à ce jour - dont la plupart ne sont même plus contestées – sur le rôle de certains de nos concitoyens (hommes politiques, diplomates et militaires) dans ce qui aura été le dernier génocide du XXe siècle peuvent dores et déjà nous permettre de les traduire devant les tribunaux ». La mise en lumière de ces complicités françaises dans le génocide rwandais est par ailleurs le sujet d’un livre exceptionnel, paru au mois d’avril dernier, pendant les 16e commémorations du génocide, dans l’indifférence générale de la grande presse hexagonale. Ce livre de Jacques Morel, La France au coeur du génocide des Tutsi, dresse, entre autre, la longue liste des chefs d’accusation et des faits permettant dès aujourd’hui de traduire devant les juridictions françaises des « Français, dirigeants politiques, hauts fonctionnaires, diplomates et militaires pour leur complicité dans le génocide des Tutsi du Rwanda ». Martin Marschner se dit en mesure de prouver qu’une caisse noire, mise en place par l’Etat français pour servir ses services secrets - caisse qu’il aura contribué, malgré lui, à alimenter - a presque exclusivement été utilisée, entre mars et juillet 1994, pour financer le gouvernement intérimaire rwandais alors que ce dernier encadrait et supervisait le génocide de près d’un million de personnes. Si les affirmations de M. Marschner sont fondées - et à ce jour rien ne peut indiquer qu’elles ne le soient pas - , la France, par le biais de ses responsables politiques - et plus particulièrement via l’entremise du ministère du Budget - s’est rendue coupable de complicité de génocide : ceux qui étaient à la tête de ce ministère (et donc l’actuel président français, Nicolas Sarkozy) doivent être traduits devant les tribunaux pour leur participation (le financement) au génocide des Tutsi. A moins qu’ils ne soient en mesure d’infirmer les éléments avancés par M. Marschner. Mais sur ces faits, ils seront à ce jour restés totalement muets... En effet, dans le troisième numéro de la revue La Nuit rwandaise, le banquier monégasque aura porté des accusations sans équivoque et le dossier qu’il a transmis pour appuyer ses allégations a été intégralement publié. Cependant, malgré la gravité des accusations portées par M. Marschner, les médias comme les hommes politiques français seront restés muets. A l’heure de la « réconciliation » franco-rwandaise, alors que le président français, rappelons-le ministre du budget et porte parole du gouvernement français pendant le génocide, s’est rendu au Rwanda en 2010, peut-on penser, comme nous invitent à le faire de nombreux médias étrangers, que le président Sarkozy, très largement impliqué dans le génocide, aurait cédé au chantage et aux intimidations du gouvernement rwandais, en mesure, depuis les auditions du rapport Mucyo, de prouver que ce dernier aura été l’un des élément clé du financement du génocide ? Dans la quatrième livraison de La Nuit rwandaise, Martin Marschner, dans une interview que nous publions ici en exclusivité, revient sur cette affaire. (...)
(...) En vue de faciliter la commission d’un tel crime, elle apporte son aide, son concours ou toute autre forme d’assistance à la commission ou à la tentative de commission de ce crime, y compris en fournissant les moyens de cette commission. »
ratifié par la France Introduction
Enquêtes internationales (ONU, OUA, …), travaux universitaires, enquêtes journalistiques, documents déclassifiés - dont les archives Mitterrand - , correspondances diplomatiques et militaires entre Paris et Kigali (de 1990 à 1994), déclarations et tribunes des hommes politiques ou des militaires français publiées dans la presse, … de ce travail quasi exhaustif, il ressort un livre - La France au coeur du génocide des Tutsi - de plus de 1500 pages, véritable outil pour ceux qui tentent aujourd’hui de comprendre - en dehors des polémiques et des contre-feux allumés par ceux qui auront assisté jusqu’au bout les génocidaires rwandais - le rôle joué par l’Etat français, ses hommes politiques, sa diplomatie et son armée, dans le dernier génocide du XXe siècle. Jacques Morel nous rappelle ainsi que « l’incrimination de génocide et de complicité de génocide est recevable par les juridictions françaises » : « des Français, dirigeants politiques, hauts fonctionnaires, diplomates et militaires en 1994 peuvent être mis en cause pour complicité de génocide des Tutsi du Rwanda. » Un livre essentiel qui, en plus des rapports, commissions, enquêtes nationales et internationales ainsi que par les travaux d’historiens et de journalistes sur lesquels il s’appuie, dresse un bilan sans fard de plusieurs années de coopération militaire française criminelle, nous invitant à en tirer les conséquences, tant au niveau politique - réforme de la politique africaine de la France - qu’au niveau judiciaire - nécessité de traduire en justice les acteurs de cette politique, les complices français du génocide des Tutsi. La France au coeur du génocide des Tutsi
En avril 2010, Jacques Morel nous a livré le fruit de son travail : plusieurs années de décryptage et d’analyse des documents disponibles traitant de l’engagement français au Rwanda.
L’Esprit Frappeur\Izuba Edition,
(60 euros)
www.izuba.info/francegenocide.
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