« Mabawas nachouké ! »
Communiqué du LKP

« Encore une fois le pouvoir vient de nous faire la démonstration que Mayotte est bien une colonie en envoyant les blindés contre les manifestants et en faisant venir des renforts de gendarmerie » nous apprenait ce 30 septembre 2011 le site Mille Babords.

L’intersyndicale CGT Ma, Cisma CFDT, Union des consommateurs de FO, Ascoma et le Collectif des citoyens perdus avaient fait circulé un tract dans l’après-midi de vendredi en réaction aux propos du préfet tenus dans les médias sur la désaffection du syndicat UD FO : « contre la tentative de division orchestrée par le préfet, le Collectif contre la vie chère réaffirme son unité » toujours tendue vers l’objectif de la baisse des prix d’une gamme de produits, dont les cuisses de poulet, le beurre, les sardines, le sable et le gaz.

Dans ce tract de l’intersyndicale étaient dénoncés « l’utilisation abusive des forces de l’ordre et de l’appareil judiciaire » et demande « des réponses claires aux demandes légitimes des mahorais », et un appel « à la poursuite du mouvement tant qu’un accord ne sera pas trouvé. »

Finalement, après ces quatre jours de crise, ce vendredi - tard dans la soirée - les syndicats et associations de consommateurs à l’origine des manifestations contre la vie chère ont conclu un accord avec leurs interlocuteurs institutionnels et économiques.

Toute la journée de vendredi, les syndicats et les associations de consommateurs à l’origine du mouvement de grève et des manifestations qui ont dégénéré ont rencontré le préfet de Mayotte Thomas Degos, le président du conseil général Daniel Zaïdani ainsi que les distributeurs pour des négociations qui ont débouché sur la signature d’un accord de sortie de crise.

Les grévistes ont obtenu qu’« à compter du 3 octobre [demain lundi], et pendant une durée d’un mois dans les sociétés signataires, le prix de vente au public du carton de 10 kg d’ailes de poulets sera rabaissé à 22 €, ce qui correspond sensiblement à une diminution de 5 € par cartons ».

Les distributeurs ont également convenus que « le prix du riz et des boîtes de sardines (références à définir) bénéficieront également d’une diminution de leur prix de vente de 10% pendant un mois ».

(source : malango-actualite.fr)

Les organisations syndicales et les associations de consommateurs (Afoc et Ascoma) se sont ainsi entendu avec le préfet Thomas Degos, le président du conseil général Daniel Zaïdani et les distributeurs « afin de parvenir très rapidement à un retour à la normale. »

Trouver un accord était en effet plus qu’urgent, à la veille des vacances scolaires - qui débutent samedi - pour éviter que les nombreux enfants qui vont se retrouver en vacance ne se joignent aux manifestants…

Pour éviter un blocage de l’île - l’état se souvient de ce qui s’est passé en 2009 en Guadeloupe, puis en Martinique et en Guyane - on va donc baisser les prix de certains produits pendant un mois...

Mais après ?


Communiqué du LKP

En soutien à la mobilisation des Travailleurs et du Peuple de MAYOTTE

LKP exprime toute sa solidarité envers les Travailleurs et le Peuple Mahorais mobilisés contre la vie chère, contre le mépris, pour la dignité et le respect.

Face aux revendications légitimes des Travailleurs et du Peuple, le pouvoir colonial français refusant toutes discussions, a mis en place comme à son habitude, un impressionnant dispositif de répression destiné à terroriser les femmes et les hommes qui ne demandent qu’une chose : l’arrêt de la pwofitasyon.

L’attitude du Préfet, de la Ministre des colonies et le black out médiatique organisée (aucune information n’est diffusée dans les autres colonies) expriment clairement la volonté de l’état français de soumettre, par tous moyens, les Travailleurs et le Peuple Mahorais au diktat des importateurs distributeurs. Domination économique, domination culturelle et répression : telles sont les méthodes employées dans les dernières colonies.

Tout comme en Guadeloupe, les Travailleurs et le Peuple Mahorais ont raison de se battre contre la pwofitasyon.

LKP condamne sans réserve la répression dont sont victimes les travailleurs et le Peuple Mahorais et s’associe à leur lutte pour exiger la satisfaction des justes et légitimes revendications notamment par la mise en place d’un véritable encadrement des prix pour mettre fin à la pwofitasyon. L’article L410-2 du code de commerce permet de réglementer les prix en absence de concurrence tout en protégeant et développant la production et la consommation des produits locaux.

NON AU MEPRIS

MAYOTTE - GWADLOUP MENM KONBA,

ANSANM NOU KA LITÉ, ANSAMN NOU KÉ GANNYÉ,

Pou LIYANNAJ KONT PWOFITASYON


Les acteurs économiques, sociaux, l’état, le conseil général et le conseil économique, social, culturel et environnemental de Mayotte se sont donnés rendez-vous lundi afin de « s’engager dans un calendrier de réflexion collective visant à favoriser le développement économique de Mayotte, l’emploi et la maitrise des prix ».

(source : malango-actualite.fr)

Rappel

« Mabawas nachouké ! » A l’appel des syndicats, une manifestation contre la vie chère est reconduite depuis mardi 27 septembre dans le centre-ville de Mamoudzou, chef-lieu du nouveau département. Dès le premier jour, la marche contre la vie chère a tourné à l’affrontement.

La tension est montée d’un cran mercredi dans les rues de Kawéni et Mamoudzou. Les blindés ont fait leur apparition et des gendarmes réunionnais ont été appelés en renfort.

Les manifestants reprochent au préfet « le déploiement spectaculaire de force de gendarmerie ».

Le quotidien France Mayotte considère que « Mayotte a vécu l’une des pires journées de son histoire. » et titrait aujourd’hui en Une “Mayotte dans le chaos. ”... La manifestation est reconduite demain.

• Émeutes dans les rues de Mamoudzou

Après deux journées d’affrontements, la manifestation contre la vie chère a été reconduite aujourd’hui à Mamoudzou. Les Mahorais ont décidé de descendre une nouvelle fois dans la rue pour revendiquer des mesures pour faire baisser la note de leur budget nourriture. Leur cri de ralliement est désormais « mabawas nachouké ! - les ailes de poulet moins chères ! », selon la presse locale.

Blindés, jets de pierre, gaz lacrymogènes...Depuis mardi, le centre ville de Mamoudzou a pris des allures de champ de bataille. En marge des manifestations contre la vie chère, des affrontements ont éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants. Mardi, 5 personnes avaient été blessées dans ces heurts et hier, les affrontements ont fait 12 victimes légères. Dans les rues de Kawéni et Mamoudzou, la capitale, policiers et manifestants se sont affrontés tout au long de la journée d’hier. La tension est encore montée d’un cran après le rassemblement de mardi qui avait déjà tourné au râlé-poussé.

Des gendarmes réunionnais ont été dépêchés sur place pour prêter main forte à leurs collègues mahorais. Magasins et stations service ont dû baisser leurs rideaux par crainte de pillages. Selon La Lettre de Malango, les blindés ont fait leur apparition dans les rues hier pour sécuriser les voitures et débloquer la circulation. Cinq civils et un agent de la brigade anti-criminalité ont été blessés dans les affrontements.

La manifestation a été reconduite ce jeudi 29 septembre sans qu’une tentative de négociation n’ait été amorcée pour ramener le calme. Les manifestants sont clairement déterminés à faire entendre leur mot d’ordre « mabawas nachouké - les ailes de poulet moins chères ! », écrit la presse locale.

Mis en ligne par :   Bitin

janvier 2018
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