du 5 au 13 décembre 2011

La Désirade rend hommage à Maryse Condé

« Ségou (...) un livre de réflexions sur les raisons pour lesquelles maintenant l’Afrique est ce qu’elle est »

« je dois reconnaître que La Désirade a joué le jeu... Je voudrais que tous tombent amoureux d’elle comme je l’ai fait moi-même... à notre insu, des liens profonds nous unissent à elle. »
Maryse Condé

Alors que La Désirade s’apprête à inaugurer une statut de Richard Sainsily en hommage à la grande auteure Guadeloupéenne - mais aussi africaine - qu’est Maryse Condé, le collège de l’île s’apprête a être rebaptisé au nom de cette grande dame.

Une série d’événements, en l’honneur de cette illustre femme écrivain de langue française, aura lieu du 5 au 13 décembre, sur l’île de La Désirade.

Biographie de Maryse Condé

Maryse Condé (Philcox) est née à Pointe-à-Pitre en 1937. Elle est la cadette d’une famille de huit enfants. Ses parents sont originaires de la Guadeloupe.

Maryse Condé a quitté sa famille à l’âge de 16 ans pour poursuivre ses études en France.

En 1953, elle part étudier au Lycée Fénelon, puis à la Sorbonne où elle étudie l’anglais. Elle épouse Mamadou Condé, acteur africain, en 1959.

Ses études terminées, elle enseigne en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Ghana et au Sénégal. Elle a été aussi journaliste à la BBC et en France.

En Côte d’Ivoire, elle enseigne pendant une année à Bingerville.

En 1962, elle rejoint son mari en Guinée mais, deux ans plus tard, elle part seule pour le Ghana.

Dans les années soixante-dix, elle quitte l’Afrique pour s’installer en France.

En 1982, elle épouse Richard Philcox, le traducteur de la plupart de ses romans.

En 1985, elle obtient une bourse Fulbright pour enseigner aux Etats-Unis et séjourne pendant un an à Los Angeles.

En 1986, elle rentre à la Guadeloupe mais garde un pied aux Etats-Unis, où elle enseigne à Columbia University.

Les romans de Condé explorent des questions de sexes, de races et de cultures, dans différents lieux et époques historiques, y compris les procès de sorcellerie à Salem, dans Moi, Tituba sorcière… (1986) et le royaume bambara de Ségou (actuel Mali) au XIXe siècle dans Segou. Elle écrit également des romans pour le magazine Je bouquine.

Ses 13 œuvres de fiction (traduites en de multiples langues) lui ont valu de nombreuses récompenses, dont le Grand Prix littéraire de la femme (1986) et le prix Yourcenar (1999).

Avec son mari Richard Philcox, elle partage son temps entre New York, où elle enseigne à Columbia University, et la Guadeloupe.

Maryse Condé préside le Comité pour la mémoire de l’esclavage créé en janvier 2004 pour l’application de la loi Taubira qui a reconnu en 2001 la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.

Le programme

Lundi 5 décembre

9 heures : exposition sur Maryse Condé à la bibliothèque municipale de La Désirade

Mercredi 7 décembre

9 heures - 11 heures : Animations autour de l’oeuvre de Maryse Condé à la bibliothèque municipale de La Désirade

Vendredi 9 décembre

15 heures 15 : Arrivée de Maryse Condé et de sa famille à l’aéroport Pôle Caraïbe de Guadeloupe

Accueil et réception dans le salon de la Chambre de Commerce et d’Industrie

Samedi 10 décembre

8 heures 45 : Arrivée de Maryse Condé et de ses invités au port de La Désirade

Accueil et pot de bienvenue

9 heures - 11 heures : Animations autour de l’oeuvre de Maryse Condé à la bibliothèque municipale de La Désirade

Au collège :

17h45 : Accueil des invités

18h : Allocutions

18h45 : Présentation de textes de Maryse Condé par les élèves du collège

19h30 : Changement du nom du collège et inauguration de la sculpture « La liseuse de Maryse Condé » par Richard Sainsily

20h : Projection d’un documentaire sur Maryse Condé

20h50 : Débat et discussion

21h30 : Cocktail

Lundi 12 décembre

9 heures : activités autour de l’oeuvre de Maryse Condé avec les élèves à l’école primaire

Mardi 13 décembre

17 heures : séance de dédicace avec Maryse Condé


Mon œuvre

Mon œuvre, par Maryse Condé (ile.en.ile)

Si je parle à un lecteur qui ne m’a jamais lu, qui me découvre, je lui conseille toujours Le cœur à rire et à pleurer : mon enfance et comment je suis devenue non seulement un écrivain mais aussi un être humain. Au début, j’étais une petite fille sage, et au fur et a mesure, je deviens Maryse Condé, un être complexe avec beaucoup de problèmes, beaucoup de solutions, un être un peu tourmenté.

Si je parle à des lecteurs d’origine africaine, je leur dirai de lire plutôt Ségou, parce que Ségou est d’hommages et de réflexions sur l’Afrique. Je ne suis pas une personne qui ne fait qu’admirer. J’admire et je cherche aussitôt à critiquer, à détruire cette admiration peut-être un peu facile. Ségou, c’est un livre d’amour, mais de réflexions sur les raisons pour lesquelles maintenant l’Afrique est ce qu’elle est : pauvre, il faut le dire ; malade, il faut le dire ; dominée, il faut le dire. Qu’est-ce qui s’est passé pour que l’Afrique fasse ce cheminement ? Est-ce qu’un jour elle pourra s’en sortir ? C’est facile de dire oui. Mais, je crois qu’il faut réfléchir, les présidents, les drames qui arrivent au peuple, les catastrophes naturelles, les maladies, un ensemble de choses qui font qu’on doit réfléchir le devenir africain.

Si un lecteur qui s’intéresse au monde, à ce que nous allons devenir, à qui nous sommes, à ce que nous allons apporter et laisser à ce monde, je lui demanderais de lire deux livres : Histoire de la femme cannibale et Les belles ténébreuses qui sont mes derniers livres. On vit une époque où les questions ne se posent plus de la même façon. Quand j’étais en train d’écrire Ségou, en 1984, l’identité était simple. Cela veut dire : Maryse, née au Antilles, noire, d’origine africaine, doit retourner en Afrique pour savoir qui elle est. Maintenant, en 2009, tout est différent. Je vis entre Paris et New York, je rencontre des gens très différents de par l’origine. Et pourtant, nous avons quelque chose à partager. Les frontières que nous croyons figées, raides et dures sont tombées. Les belles ténébreuses est une réflexion sur la mondialisation (c’est un peu prétentieux), la nouvelle construction du monde. Le monde se reconstruit sous nos yeux, le monde reprend une forme différente sous nos yeux. L’intérêt pour un écrivain (et aussi pour un lecteur), c’est de pouvoir suivre ces différentes évolutions et de les comprendre.

Donc, je ne parlerai pas de mon œuvre (qui d’ailleurs est une expression très prétentieuse), de ce que j’ai écrit, que comme un éminent monolithique, il y a toute une progression, une évolution. La littérature, ça vit, ça bouge, ça change. Ce que j’écris en 1975 n’a rien à voir avec Les belles ténébreuses que j’ai écrit l’an dernier, en 2008. Si vous n’êtes pas prêts à accepter ces changements, à entendre ces voix divergentes, à suivre ces réflexions des fois même un peu contradictoires, vous n’arriverez pas à comprendre l’œuvre. L’œuvre, c’est le reflet de l’évolution d’un être humain, depuis sa naissance jusqu’à la mort. Il bouge, il change.

Bibliographie de Maryse Condé :

[ Plus d’infos ]

• Heremakhonon (1976)

• Une saison à Rihata (1981)

• Segou, Tome 1 : Les murailles de terre (1984)

• Segou, Tome 2 : La terre en miettes (1985)

• Moi, Tituba sorcière... (1986)

• Haïti chérie (1986) qui est renommée « Rêves Amers »(2005)

• La vie scélérate (1987)

• En attendant le bonheur (1988)

• Hugo le terrible (1989)

• The Children of Segu (1989)

• Tree of Life (1992)

• La colonie du nouveau monde (1993)

• La migration des cœurs (1995)

• Traversée de la mangrove (1989)

• Pays mêlé (1997)

• Desirada (1997)

• The Last of the African Kings (1997)

• Windward Heights (1998)

• Le cœur à rire et à pleurer (1999)

• Cèlanire cou-coupé (2000)

• La Belle Créole (2001)

• La planète Orbis (2002)

• Histoire de la femme cannibale (2005)

• Uliss et les Chiens (2006)

• Victoire, les saveurs et les mots (2006)

• Les belles ténébreuses (2008)

• En attendant la montée des eaux (2010)


Illustration : Maryse Condé en 2008 (Wikipedia)

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Mis en ligne par Bitin Caraibe
 5/12/2011

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