Le Jardin de la mémoire de Nyanza-Kacukiro

La rédaction - 8/04/2019
Image:Le Jardin de la mémoire de Nyanza-Kacukiro

Mémoire et reconnaissance du génocide
« le passé, le présent et le futur »

Une pierre, telle la mémoire pour l’éternité

Un jardin, telle la reconnaissance après un génocide

Vingt-cinq ans après le génocide de 1994, le Rwanda a inauguré lundi 8 avril un « jardin de la mémoire » au Mémorial du génocide de Nyanza-Kacukiro à Kigali : symbole de la vie et de la renaissance du pays des milles collines, il est pensé comme un lien et une conversation permanente entre le passé, le présent et le futur.

« Il nous faut donc divers endroits appropriés et sereins, tels que ce jardin, qui nous permet de nous recueillir, et continuer à garder présent, le souvenir de ceux qui ne sont plus.
Le travail de mémoire autour du Génocide perpétré contre les Tutsi est, à plusieurs égards, très complexe. Il donne naissance à une myriade d’émotions, mais aussi à des questions, nécessitant alors un accompagnement de la pensée : du cœur et de l’esprit. »
—Jeannette Kagame, 8/4/2019

La première pierre du Jardin de la mémoire avait été posée en juin 2000, par son Excellence Mme Jeannette Kagame, première dame de la République du Rwanda.
La seconde phase des travaux du Jardin de la mémoire a été inaugurée ce lundi 8 avril 2019, en présence de son Excellence Mme Jeannette Kagame, du docteur Jean-Damascène Bizimana, président de la CNLG, de Jean-Pierre Dusingizemungu, président d’Ibuka, ainsi que de nombreux rescapés du génocide et amis du Rwanda.

« A travers ce Jardin de la mémoire, nous recherchons et partageons également la vérité sur le génocide contre les Tutsis, le rendant un acte intentionnel et un mécanisme puissant pour partager nos histoires de survie et de résilience, tout en combattant l’idéologie du génocide. »
—Jeannette Kagame, 8/4/2019.

Conçu par l’artiste peintre anglais, Bruce Clarke, en partenariat avec l’association nationale des rescapés, IBUKA, la fondation IMBUTO et la Commission nationale de lutte contre le génocide, ce jardin est composé de plusieurs sections plongeant les visiteurs dans un voyage d’histoire et de souvenir. Il est « un lien et une conversation permanente entre le passé, le présente te le futur ».

« Le Jardin de la mémoire est composé de diverse sections qui symbolisent toutes une étape importante dans le voyage du souvenir. En plus des pierres qui seront posées, des fleurs et des arbres seront plantées, des passages de cours d’eau, et même des fosses seront créées pour représenter différents lieux dans lesquels les victimes ont été tuées et jetées. »

Le Jardin de la mémoire est parsemé de sections symbolisant les différents aspects du génocide : « l’art résonne avec l’humanité en général et doit être utilisé dans le processus de reconstruction de notre humanité ».

Les sections du jardin

La pierre originale
Cette pierre massive est placée à l’entrée, pour rappeler les origines du jardin en 2000 – c’est l’unique pièce du jardin d’origine qui a été conservée.

Le jardin de pierre
Dans le jardin sec, ces pierres représentent les victimes et seront placées par leurs familles.

La foret de la mémoire
Une « forêt de la mémoire », composée de ficus Thonningii (« Umuvumu », symbole de la famile), d’Erythrina Abyssinica (« Umoko », symbole de la protection et de la beauté) et d’Acacia Abyssinica (« Umunyinya », symbole de résistance et de résilience) sera plantée.

Les terrasses paysagères
Des terrasses panoramiques offriront aux visiteurs de beaux espaces de repos et de méditation.

Les monticules
Ces monticules rappellent les milles collines rwandaises et sont propices au recueillement et à la méditation.

Le corridor de la méditation
Ce corridor mènera aux différentes parties du jardin et sera parsemée de bancs et de zones ombragées. Le long du corridor seront plantées des plantes issues des différentes régions du Rwanda, régions dans lesquelles le génocide a été commis.

Les chemins en spirale
Reliant les différentes sections, ces chemins en spirale représentent le fait qu’il existe une issue, sans être obligé de se retourner en arrière. Ils sont aussi le symbole de la spirale de la violence planifiée qui a embraser le Rwanda pendant le génocide.

Le marais saisonnier
Il symbolise les rivières et les marais dans lesquels les victimes ont été tuées mais ont aussi parfois chercher protection et refuge.

La fosse ouverte
La fosse est le symbole des milliers de victimes jetées, vivantes ou mortes, dans les fosses, en 1994.

La gazon central et l’amphithéâtre
Lieu de rassemblement pendant les cérémonies commémoratives, cette zone sera plantée d’acacias aux branches déployées, comme l’étaient les bras de tous ceux qui ont sauvé et aidé d’autres personnes durant le génocide.

Les monuments

La flamme « Kwibuka »
Au point le plus élevé du site, devant l’amphithéâtre, une flamme du souvenir (« kwibuka ») sera un symbole d’espoir et de mémoire. D’environ six mètres de hauteur, en cuivre, elle sera éclairée de jour comme de nuit.

Les « Hommes debout »
Situés à proximité de l’amphithéâtre, les « Hommes debout » de l’artiste Bruce Clarke représentent la dignité et la résilience de ceux qui ont vécu et survécu au génocide.

Plus d’informations :

—kwibuka

—Bruce Clarke

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 8/04/2019

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