Maroc : Marianne Aya Omac chante et enchante les Nuits de Ramadan

Abdelali Najah - 26/07/2013
Image:Maroc : Marianne Aya Omac chante et enchante les Nuits de Ramadan

Park Mohamed V - El Jadida
« exprimer les profondeurs de mon humanité »

La chanteuse française Marianne Aya Omac a animé une soirée musicale au Park Mohamed V à El Jadida le 23 juillet 2013.

Selon un communiqué de presse de l’Institut Français du Maroc, la Saison Culturelle France-Maroc présente pour la deuxième année consécutive des animations en soirées durant le mois du Ramadan, partout dans le Royaume. De belles soirées en perspective plus de 100 000 spectateurs sont attendus durant ce mois de convivialité et de partage !

En 2012, les Nuits du Ramadan ont offert une programmation riche et variée dans 8 villes du littoral atlantique : 150 artistes en tournée, 33 concerts, 92 000 spectateurs.
Cette année, ces Nuits qui se dérouleront du 19 au 28 Juillet 2013, s’étendent à tout le Royaume à savoir les villes d’Agadir, de Casablanca, d’El Jadida, d’Essaouira, de Fès, de Kénitra, de Marrakech, de Meknès, de Rabat, de Safi, de Tanger et de Tétouan. Elles s’articuleront autour des cultures musicales du pourtour méditerranéen : Algérie, Egypte, Espagne, France, Palestine et Tunisie, enrichies par la présence d’un groupe venu de Mongolie. Sonorités orientales, maghrébines, flamenco, soul, fusion, danse traditionnelle seront à l’honneur. Les rythmes, placés sous le signe du métissage culturel, transcendent ainsi les frontières.

Ce festival illustre pleinement le rôle de « passeur » culturel dans lequel s’inscrit l’Institut français du Maroc : construire des ponts et permettre des échanges entre univers artistiques différents.

Les artistes en tournée durant les Nuits du Ramadan 2013 sont Emel Mathlouthi (Tunisie-Trip Hop, électro, sonorités orientales), Le Trio Joubran (Palestine-Oud), Manuel Delgado (Espagne-Flamenco), Marianne Aya Omac (France-Soul, gospel), Orchestre National de Barbès (France-Châabi, raï), Egyptian project (Egypte-Fusion, entre sonorités traditionnelles et musique électro-acoustique) et enfin Egschiglen (Mongolie-Chants et danse traditionnels de Mongolie).

Dans cet entretien, Marianne Aya Omac nous livre son aventure avec la musique.

Aller toujours plus loin vocalement pour exprimer les profondeurs de mon humanité...

Voulez-vous vous présenter aux lecteurs ?
Je m’appelle Marianne et je viens de Montpellier en France. J’ai 40 ans et je suis auteur compositeur, guitariste chanteuse et chef de chœur.

Au début de votre carrière artistique, vous avez chanté dans les rues de Montpellier pendant 6ans. Pouvez-vous nous raconter cette aventure, ainsi que son influence sur votre charisme et votre engagement en art ?
Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été attirée par la rue et les arts de la rue.
A 20 ans, il était naturel pour moi de chanter là où les gens vivaient et de pouvoir m’exprimer devant tout le monde. Dans la rue, il n’y a pas un public, il y a des gens de tout horizon. C’est grâce à cette expérience que j’ai développée ma puissance vocale et surtout le fait d’être à l’aise partout, en toute condition.

En même temps, vous avez rejoint la « Gospelize-it Mass Choir » qui était la meilleure chorale amateur de Gospel en Europe. Quels sont les motifs qui vous ont poussé à faire ce choix ?
Ce chœur de gospel a été dirigé à l’époque par le très talentueux Emmanuel Djob, artiste Camerounais que nous avons pu découvrir cette année lors de l’émission The Voice 2. Cet homme est un des plus grands spécialistes de la musique afro-américaine, c’est un vrai maître en Gospel music et un des plus grands artistes que je connaisse. Il m’a appris beaucoup de choses, notamment de prendre le risque d’aller toujours plus loin vocalement pour exprimer les profondeurs de mon humanité...

Vous allez ensuite découvrir la musique gitane dans le quartier gitan de Candolle à Montpellier...
Là-aussi, j’ai beaucoup appris. Vivre parmi les gitans m’a donné accès à cette culture et à des gens très généreux une fois qu’ils vous ont ouvert leur porte. Cela a vraiment marqué mon univers musical.

Ma pratique spirituelle ne s’inscrit dans aucun cadre, si ce n’est l’instant présent...

Ceci dit, vous chantez en français, anglais et espagnol en s’inspirant des musiques dites « racines » telles le Gospel et le Flamenco afin de livrer un message humain. Voulez-vous nous expliquer davantage ?
Le Gospel et le Flamenco sont des musiques profondément humaines avec lesquelles on ne triche pas. On ne cherche aucun résultat esthétique ou commercial. Ces musiques sont l’expression la plus intime et la plus intense qui soit de ce que nous sommes vraiment, au fond de nous. Elles sont exigeantes, elles demandent un don total de soi, une implication totale du corps et du cœur, un chant de l’Ame..., car ce sont des musiques de l’instant présent.

Pouvez-vous nous raconter votre expérience artistique avec la Diva Joan Baez, ainsi que son influence sur votre parcours artistique ?
Ce serait trop long à raconter... Elle a été le coup de foudre dans mon adolescence et m’a poussé à jouer de la guitare et à chanter, mais surtout m’a fait tout de suite comprendre que ce métier doit être fait avec conscience, au service des autres...Être invitée par elle dans toute une tournée et partager 37 concerts a été le plus grand cadeau de ma vie.

Joan Baez disait : « Marianne Aya Omac a un talent stupéfiant… J’ai la chance de faire partie de sa vie et de sa musique… » Votre commentaire ?
Toute cette histoire reste comme un rêve pour moi, ça relève du miracle. Je n’en reviens toujours pas.... !!!

Comment expliquez-vous la relation qui existe entre la spiritualité et la musique ?
C’est une question difficile.

Je crois que l’instant présent est la clé de cette relation. Être en « Présence » permet d’être « Inspiré » et de devenir l’instrument du « Grand Mystère », et non plus l’artiste...

Est-ce que votre participation aux Nuits de Ramadan au Maroc entre dans le cadre de votre quête perpétuelle de la spiritualité ?
C’est une réponse possible ! Même si pour moi, ma pratique spirituelle ne s’inscrit dans aucun cadre, si ce n’est l’instant présent...

Votre dernier mot...
Je suis très honorée d’être invitée ici et de partager le quotidien du peuple Marocain, surtout en ce mois sacré qu’est celui du Ramadan.

MARIANNE AYA OMAC
France (Soul, gospel)

Marianne Aya Omac (de son vrai nom Marianne Cambournac) commence la musique (piano, guitare) à l’âge de neuf ans. Elle forge ses premières armes dans les rues de Montpellier, où les passants, subjugués par son talent, s’arrêtent toujours plus nombreux.

Elle rejoint, en parallèle, une chorale de gospel, et approfondit son amour des musiques latine et gitane.
Elle est aujourd’hui auteur, compositeur, guitariste, mais joue aussi de la derbouka et de la trompette. En 2011, elle sort son dernier album, « Solo », à Montréal, avec la participation de la célèbre chanteuse américaine Joan Baez. La voix de Marianna Aya Omac est à la fois chaleureuse et puissante.

Sur scène, elle passe du murmure à l’éraillement, de l’intimité feutrée de la soul aux accents tonitruants du gospel ; elle alterne propos humanistes chantés en français, espagnol ou anglais, et humour irrésistible.

Écrivain et Journaliste.

Je suis marocain. J’ai fait des études en sociologie au Maroc (Université Mohamed 5) et en France (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis).

 26/07/2013

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