Human Rights Watch semble bien embarrassé par les déclarations du ministère de la Justice rwandais publiée dans le journal The New Times le 2 juin 2014. (…) HWR nie toutes les accusations portées par le gouvernement rwandais, qui l’accuse de soutenir les FDLR, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, rebelles rwandais dont certains membres ont participé au génocide des Tutsi de 1994 et qui sont encore actifs – malgré la Brigade d’intervention de l’ONU – aux Nord et Sud Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) où ils commettent depuis vingt ans de nombreuses exactions sur les populations congolaises (pillages, viols, extorsions, trafics de matières premières, …).

Ingénument, Carina Tertsakian, chercheuse en charge du Rwanda pour HRW, prétend ne pas être informée qu’une accusation aussi grave était portée contre son organisation: “La première fois que nous avons entendu parler de cela, c’était lorsque nous avons lu l’article dans le New Times”, aura-t-elle déclaré au micro de RFI.

Elle passe ainsi sous silence une analyse publiée en 2013 – dont on imagine mal qu’elle puisse ne pas avoir connaissance – réalisée par un ancien diplomate américain, Richard Johnson, “The Travesty of Human Rights Watch on Rwanda” (mars 2013) et qui aura été largement relayé, donnant même lieu à des commentaires élogieux de journalistes et de chercheurs.

Le déni d’Human Rights Watch n’est donc pas de mise.

Un simple communiqué de l’association – comme celui publié le 3 juin dernier sur le site de l’association – ne sera pas suffisant pour faire taire les critiques qu’on peut à juste titre lui adresser sur sa gestion du dossier rwandais. L’analyse – très documentée – de Richard Johnson devra donner lieu à des réponses circonstanciées. Il en va de la crédibilité d’Human Rights Watch, déjà critiquée, notamment pour son action de plaidoyer en Côte d’Ivoire.

(…)

La suite sur le blog de Safari Chizungu ou sur le portail d’information Izuba.